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Les bioplastiques et les plastiques additivés en fibre végétale

Wilfrid DE CONTI
Temps de lecture: 9 mn environ
Illustration par Fanny Lamouroux

Un bioplastique correspond à plusieurs définitions, pas toujours compatibles les unes avec les autres. La première tient compte de la composition du plastique. C’est un plastique fabriqué à partir de composants renouvelables comme des résidus de cultures agricoles. L’autre tient compte du devenir du plastique. C’est soit un plastique biodégradable, soit un plastique compostable.

Le bioplastique est donc ce qu’on peut appeler un concept fourre-tout et c’est ce qu’Axel vous explique, entre autres, dans ce nouvel épisode.

Le plastique biosourcé : une alternative à l’énergie fossile ? 

C’est en effet un bon point. Cependant, il faut faire attention à la mention biosourcée. Parfois, certains plastiques n’ont qu’une faible proportion de matière végétale et vous verrez pourtant écrit “bioplastique” sur l’emballage.

Autre chose, le plastique biosourcé ne résout malheureusement pas le problème de surconsommation de plastique. Si on remplace l’intégralité du plastique consommé par du plastique à base végétale, les effets sont contre-productifs. Cela crée une concurrence avec l’alimentation mondiale – en tout cas tant qu’on reste sur le modèle alimentaire actuel. Comme les cultures ne sont pas destinées à l’alimentation, il y a moins de contrôles et de normes, les pesticides sont bien plus utilisés, ce qui augmente la dégradation des sols et les pollutions de l’eau et du sol.

L’équation est toujours la même : il faut consommer moins.

Qu’en est-il des plastiques biodégradables ? 

Nous vous avons déjà expliqué les limites des notions de biodégradabilité et de compostabilité dans l’épisode précédent que l’on vous invite à regarder. Nous pouvons le résumer ainsi : en biodégradable ? Peut-être. Biodégradé ? Jamais.

J’ai vu un stylo à base de fibre de blé, c’est aussi du greenwashing ? 

Il s’agit de plastique pétrosourcé auquel est ajouté une part (généralement 20/30%) de fibre végétale. Les problématiques soulevées pour les plastiques biosourcés sont les mêmes ici. Le greenwashing va se trouver principalement dans la communication autour de ce type de produit, car avancer un argument végétal peut être trompeur sachant que 80% du produit reste à base de pétrole. Ce type de plastique sera moins bien recyclé s’il vient à se généraliser, parce que la fibre végétale vient perturber le recyclage mécanique du plastique. Sur l’impact des ressources, il vaut donc mieux opter pour un plastique 100% biosourcé comme le bio-PE ou le bio-PP, plutôt qu’un plastique avec des fibres végétales. 

La meilleure solution reste encore une fois la sobriété de la consommation, alors nous vous invitons à essayer avant de nous retrouver pour le prochain épisode !

https://www.zerowastefrance.org/bioplastiques-compostables-biosources/
https://www.novethic.fr/actualite/environnement/pollution/isr-rse/un-danger-nomme-plastique-le-plastique-biodegradable-une-fausse-solution-a-la-pollution-des-oceans-146095.html 
https://youmatter.world/fr/bioplastiques-sont-ils-ecologiques/

L’auteur :

Wilfrid de Conti
Professionnel de l’engagement et de la brand advocacy

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