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Wilfrid DE CONTI
Temps de lecture: 10 mn environ
Illustration par Fanny Lamouroux

Dans ce nouvel épisode de La Note Éco, Axel vous dit tout sur le recyclage et ce qu’est réellement un produit recyclable. 

J’ai acheté un produit “recyclable” : est-ce vraiment le cas ? 

Pour qu’un produit soit recyclable, il faut qu’il passe trois étapes. Il doit y avoir une filière de collecte. Le produit doit être détectable en centre de tri et enfin, il doit y avoir une filière de recyclage. Chaque phase est importante. S’il en manque une, le processus est bloqué. Par exemple, il n’y a que très peu de déchetteries qui proposent une benne pour les plastiques durs en France. Vos objets finiront donc en incinération. 

Après la collecte, les produits sont envoyés en centre de tri. Il existe de nombreux systèmes pour séparer les matériaux, mais tous ne sont pas toujours reconnus, comme les plastiques de couleur noire, non reconnus par le tri optique. Ils ne seront donc pas recyclés. Après le tri vient l’étape du recyclage, mécanique ou chimique. A priori, tout matériau est recyclable, ou au moins réutilisable. Mais sans développement de la technologie ou d’une filière locale, le déchet est incinéré, enfoui, voire laissé en décharge à l’air libre.

L’important est ainsi de s’interroger un minimum sur les allégations de recyclabilité des produits que vous achetez. Même si vous réalisez le bon geste de tri, il faut être sûr des trois étapes citées ci-dessus. Bien souvent, les opérations de marketing ne vous parlent que de la dernière étape du recyclage, voire seulement d’une recyclabilité théorique.

Acheter un produit recyclable, c’est participer à l’économie circulaire ? 

D’une certaine façon, oui. Si le produit est réellement recyclable et que le geste de tri est bien fait, alors on sort en partie de l’économie linéaire qui consiste à extraire, consommer et jeter. En partie seulement, parce que la logique de consommation frénétique n’a pas disparu. 

On peut opposer ici deux visions de l’économie circulaire : celle qui consiste à faire de nos déchets des ressources, et celle qui vise à ne pas faire de nos ressources des déchets. La première met l’accent sur le recyclage. L’autre sur la réparation, le réemploi et la réutilisation. Les deux sont bien entendu nécessaires face à la raréfaction des ressources.

Où est le greenwashing dans tout ça ? 

Une pratique de greenwashing serait de vous présenter un produit comme éco-responsable ou circulaire par le seul prisme du recyclage. Les bouteilles d’eau en plastique sont recyclables. Est-ce que cela contribue à une économie circulaire ? Pas vraiment. Le problème de l’allégation de recyclabilité est qu’elle occulte le mode de consommation désastreux sur l’environnement. En outre, lorsqu’un produit passe par la case déchet, c’est un risque qu’il y reste pour toujours. Il faut alors privilégier les produits conçus pour durer, le soin apporté à vos objets, la réparation, le troc, l’achat de seconde main.

Pour une plus large compréhension de ce sujet, nous vous invitons à lire ou relire l’excellent livre de Flore Berlingen, Recyclage, le grand enfumage.

À bientôt pour la prochaine note éco !

L’auteur :

Wilfrid de Conti
Professionnel de l’engagement et de la brand advocacy

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